Une guerre régionale avec des ramifications mondiales ? Par Amer Al Sabaileh

Alors que la crise syrienne se dirige vers une résolution politique, l’escalade de la violence est à prévoir.

La Syrie est de plus en plus la cible d’attaques terroristes, ce qui reflète les efforts déployés par « les ennemis de la Syrie » pour empêcher toute transition politique pacifique dans le pays. Ainsi, l’intérêt stratégique du groupe anti-syrien est de faire dévier la trajectoire syrienne d’une transition politique pacifique vers une confrontation militaire directe, renforcée par la conviction solide de ce groupe et sa crainte que son échec en Syrie ne puisse avoir un impact négatif sur sa politique intérieure.

Mettre fin à la violence en Syrie constituait la première étape sur la feuille de route de l’émissaire de l’ONU à Damas, Lakhdar Brahimi. Son incapacité à mettre fin à la violence fera non seulement en sorte que la crise Syrienne persiste, mais contribuera également à étouffer le dernier espoir d’une solution pacifique.

L’attaque turque contre la Syrie arrive à un moment où les Turcs se sentent abandonnés par leurs alliés impliqués dans la crise syrienne. Ni les Etats-Unis ni l’OTAN n’ont exprimé leur intérêt pour une escalade militaire en Syrie.

En Turquie, beaucoup sont conscients des conséquences néfastes de la crise sur le plan politique et sécuritaire. Le gouvernement Erdogan commence à être perçu comme menant la Turquie vers l’inconnu. Les nombreuses déclarations du principal parti d’opposition, le Parti républicain du peuple, mettent l’accent sur ces risques.

Depuis que l’avion de combat turc a été abattu en Syrie en Juin dernier, l’AKP s’est déterminé à prendre une position « nationaliste » comme seule porte de sortie à sa crise interne. Aujourd’hui, la réponse militaire turque au mortier errant en provenance des territoires syriens fournit le prétexte tant attendu pour transformer la position d’Erdogan en une position politique « semi-unie », entrainant qu’Erdogan obtienne l’approbation du Parlement turc pour toute intervention militaire.

Ce feu vert pour attaquer la Syrie intègre deux avantages stratégiques : d’une, il réduit la pression sur le parti d’Erdogan, de deux, il confère à la Turquie plus de liberté et de possibilités pour créer de nouveaux couloirs à l’intérieur de la Syrie, couloirs pouvant renforcer sa position là-bas, notamment en soutenant les insurgés d’Alep.

La Turquie ne veut pas la guerre, mais a désespérément besoin d’améliorer sa situation actuelle.

Suite aux affrontements sur la frontière syro-turque, il est évident que la crise syrienne a atteint un tournant décisif, pendant que la mission de Brahimi semble être compromise. Par conséquent, de nombreux observateurs prévoient que la crise syrienne, sur le « long terme », s’étende horizontalement dans un avenir très proche, avec aucune idée précise des limites de cette expansion.

Cela dit, c’est à la communauté internationale que revient de décider s’il convient d’adopter un nouveau « Sommet de Yalta » afin de parvenir à une transition politique pacifique en vertu d’une fédération internationale, ou d’être les vicieux témoins d’une guerre régionale aux conséquences destructrices imprévisibles.

* L’auteur est analyste politique et expert en études interculturelles, maître de conférences à l’Université de Jordanie. Pour The Jordan Times.

Article original en anglais ici.

Traduit vers le Français par Olfa Riahi

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