Répression en Tunisie : Les mêmes histoires sauf que les noms changent

La Tunisie se rappellera longtemps de la répression sauvage, mais non sans précédent, qu’a connue l’Avenue Habib Bourguiba en ce dimanche 9 Avril 2012. Les violences policières n’ont épargné personne. Passants, manifestants, leaders politiques, journalistes, bloggueurs,  tous ont eu droit au gaz lacrymogène, aux coups de matraque, aux insultes, aux injures et autres formes de répression policière digne des plus grandes dictatures.

Dans la Tunisie de l’après 17 décembre 2010, la bipolarisation rend quasiment impossible la sanction unanime de cette machine odieuse et inhumaine. Le peuple reste encore incapable de condamner la répression d’une seule et même voix, car ce peuple est divisé. Et quand les victimes s’indignent, il y a toujours quelqu’un de l’autre bord pour justifier la violence.

J’ai voulu à travers ce billet démontrer à ceux qui voudront bien le voir que cette répression se nourrit essentiellement de l’hypocrisie et de l’ambivalence d’un peuple, qui se dit démocrate mais qui ne sait l’être que lorsque ça l’arrange. J’ai voulu également démontrer que cette effroyable machine répressive qu’incarne encore aujourd’hui le Ministère de l’Intérieur, Ministère de la terreur, a toujours été la même, indépendamment de celui qui est aux commandes. La Tunisie est encore un Etat policier.

Pour ce faire, j’ai essayé de retracer l’Historique de la répression en Tunisie depuis le mois de décembre 2010 à travers des vidéos mais aussi, j’ai tenté de mettre en avant les arguments avancés par les autorités pour justifier la violence mettant ainsi en exergue les arguments appuyés et soutenus à chaque fois par une frange du peuple, frange qui n’est jamais la même et qui change selon les revendications de la manifestation réprimée.

Un peuple qui se dit démocrate doit avoir le courage et l’honnêteté de condamner et de rejeter toute forme de répression indépendamment des revendications et des appartenances idéologiques ou politiques des victimes. Autrement, nous nous en sortirons jamais.

La répression sous Ben Ali – Du 17 décembre 2010 au 14 janvier 2011

Sidi Bouzid : décembre 2010 : manifestation réprimée

Sousse : décembre 2010 : manifestation réprimée

Tunis : décembre 2010 : manifestation réprimée

Justification de la répression par les autorités (Borhene Bsaiess)

ُ

La répression sous Mohamed Ghanouchi : janvier 2011


La Kasbah 1 : Répression le 28 janvier 2011

Journalistes de Russia Today agressés

Couverture France 24

Justification de la répression par les autorités (Farhat Rajhi)

La répression sous Béji Caied Essebsi : de mars 2011 à octobre 2011

1er Avril 2011 – 1ere tentative Kasbah 3

6 et 7 Mai 2011

Agression des journalistes (6 mai 2011)

15 Juillet 2011 – Kasbah 3

15 Juillet 2011 – Kasbah 3 (Mosquée)

Justification de la répression par les autorités (Taoufik Dimassi)

15 Août 2011 – Manifestation pour l’indépendance de la Justice

La répression sous Hamadi Jebali : Avril 2012

Manifestation des chômeurs diplômés : le 07 avril 2012

Manifestation du 9 Avril 2012 – Journée Nationale de Commémoration des Martyrs

Dans l’attente des justifications du gouvernement Jbali

Le Ministère de la Terreur continue à sévir. Aucune réforme sérieuse ne semble avoir été entamée. Les hauts responsables du Ministère de l’Intérieur sont les mêmes. Pas de rupture avec le passé. Pas d’assainissement. Aucune intention de changer. Pire encore, la répression est encore plus dangereuse aujourd’hui car le gouvernement qui la pratique tire sa légitimité des urnes…

Le plus triste aujourd’hui, c’est qu’il y aura encore en Tunisie – suite à la répression odieuse de ce 9 avril – une frange du peuple qui légitimera la violence et trouvera des justifications à ce système policier qui est resté le même…

Par Olfa  Riahi


3 thoughts on “Répression en Tunisie : Les mêmes histoires sauf que les noms changent

  1. Publié hier soir sur le profil de #Dadz Rahali:
    Voilà, le même scénario qui se répète depuis Octobre_2011:
    Etape 1 : On occupe le peuple avec les faits dune manifestation qui vire très vite en une confrontation sanglante provoquée par les agents de sécurité…. Le peuple se défoule, la police se défoule….
    Etape 2 : On partage les vidéos témoignant les faits sur le stupide réseau « social » du Facebook, tout le monde dénonce, jubile et jure de résister,,,,, bien sure on note QQes noms de QQes individus insignifiants  » نَكِرات » qui seront considérés comme étant des « Révolutionnaires » vu qui se sont fait tabassés par les agents de police, qui se trouvent actuellement a crier #acab #acab dans les bars du centre ville en sirotant de la bière du 3ème choix….
    Etape 3 : Tout ceci sera oublié dès 2, 3jours et le gouvernement poursuivra ses « activités » comme prévus, sans se poser le moindre soucis, étant donné que le peuple a eu le temps de se défouler dans les rues de la belle ville de Tunis.
    ET REBELOTE
    (C’est mon opinion et ça ne regarde que moi)

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