Tunisie : Interview censurée d’Abou Iyadh – Transcription partie I

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Mercredi 30 janvier 2013, le leader djihadiste Saifallah Ben Houssein, plus connu sous le nom « Abou Iyadh » accordait une interview filmée au journaliste tunisien Nasreddine Ben Hdid.

L’interview devait passer sur les ondes de Mosaique FM à une heure de grande écoute, le lundi 4 février 2013. Une correspondance adressée par le Ministère Public (Ministère de la Justice) à la direction de la radio empêcha cette dernière de diffuser l’interview [voir détails ici]. Il ne s’agit cependant pas du premier cas de censure imposée officiellement aux médias tunisiens. Tout de même, et comme toute censure, celle-ci a eu l’effet inverse et grand nombre de Tunisiens ont veillé jusqu’à très tard dans la nuit dans l’attente d’une fuite sur les réseaux sociaux. Ils n’ont pas été déçus car l’interview, en deux partis, a été diffusée et très largement partagée aux alentours de 3h30 du matin par la page officielle de Ansaar Al Chariaa sur Facebook.

Ci-après une transcription en langue française, intégrale, des 22 premières minutes de l’interview d’une durée totale de 80min. La suite sera retranscrite lors de prochains billets.

N.B.H : Pourquoi vous cachez-vous ?
Abou Iyadh : Je tenais tout d’abord à saluer votre compréhension et à vous présenter nos sincères excuses pour la manière dont nous vous avons emmené ici.
Pourquoi je me cache ? A vrai dire, ceux qui suivent l’actualité en Tunisie n’ignorent certainement pas la descente de police qui a eu lieu à mon domicile lors des évènements de l’ambassade des Etats Unis. Au moment-même où l’ambassade brûlait, mon domicile était le théâtre d’une descente. Grâce à Dieu et avec l’aide de membres de ma famille et de mes voisins (que Dieu les garde), je suis parvenu à m’enfuir. [note : plus de détails ici]
J’ai par la suite appris que je faisais l’objet d’un avis de recherche. Ceci a été annoncé par le porte-parole du Ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche. Puis quelques avocats m’ont informé qu’aucun avis n’a été émis à mon encontre. Cependant, le croyant ne se fie pas à la ruse de ces gens-là.

N.B.H : Qui visez-vous par « ces gens-là » ?
Abou Iyadh : Je vise les ennemis de notre religion, et plus précisément certains agents qui œuvrent à éradiquer l’Islam de la Tunisie. En m’arrêtant, ils voulaient jouer à un sale jeu. Mon arrestation aurait entrainé une série d’évènements et de troubles donnant une raison au ministère de l’intérieur et à ceux qui le tiennent – car Laarayedh [Note : Ministre de l’Intérieur] n’est pas seul à diriger le ministère et il existe de nombreuses attractions au sein de ce ministère…

N.B.H : Permettez-moi de vous interrompre, vous êtes entrain de dire qu’Ali Laarayedh ne contrôle pas pleinement son ministère ?
Abou Iyadh : Effectivement. Laarayedh ne contrôle pas vraiment son Ministère et nous en avons la certitude. Ce qui nous conduit à lui adresser une question, à lui et à ceux à la tête des groupes sécuritaires : Pourquoi les troupes d’intervention ont-elles refusé le 14 septembre de sécuriser l’ambassade ? Pourquoi sont-elles restées dans leurs casernes posant pour condition d’utiliser les balles réelles ? Lorsque leur demande a été refusée, ces troupes ont refusé de sortir.

N.B.H : Vous avancez donc que les troupes d’intervention avaient pour condition d’être autorisées à tirer à balles réelles pour intervenir ?
Abou Iyadh : Effectivement. (Silence)
Et elles n’ont pas participé aux opérations sécuritaires.

N.B.H : S’agit-il d’une information confirmée ou d’une lecture de votre part ?
Abou Iyadh : Il s’agit d’une information confirmée. Je suis certain de cette information. Ali Laarayedh est aussi certain de cette information. Le Mouvement Nahdha a aussi cette certitude. Et nous savons très bien d’où tirer nos informations.

N.B.H : Sans vouloir vous pousser à révéler vos sources, pourriez-vous nous éclairer sur l’identité de ces personnes ? En donnant une indication organisationnelle ou en les nommant ? Vos propos sont vagues et nous ne voulons pas de propos vagues.
Abou Iyadh : Votre questionnement est légitime mais il m’est tout aussi légitime de protéger mes sources d’information.

N.B.H : Nous voulons juste connaître l’identité des personnes dont vous parlez et qui contrôleraient le Ministère de l’intérieur avec Ali Laarayedh ? Ceci est important. Nous pensions que nous avions viré le tyran et vous êtes là à nous dire qu’une facette de ce tyran continue à tenir ce pays.
Abou Iyadh : Je vous en donne la plus grande preuve : la réunion du syndicat de la police la semaine dernière à l’issue de laquelle ils ont demandé la démission d’Ali Laarayedh. Ceci est la plus grande preuve qu’il ne contrôle pas son ministère.
Deuxième preuve : ce qui se prépare demain…

N.B.H : A propos, j’ai oublié de souligner que nous enregistrons cette interview le mercredi 30 janvier 2013 à 9h50. Je vous en prie, reprenez…
Abou Iyadh : Vous êtes au courant de l’important rassemblement des syndicats de la police qui se tiendra demain à la place de la Kasbah. Ceci prouve qu’Ali Laarayedh ne tient rien et que l’affaire lui échappe. Et laissez-moi vous fournir une autre information : revenez à l’interview de Sahbi Amri datée d’il y a deux jours, lundi dernier au journal Essabah Al Osbouii (voir interview ici). Sahbi Amri est une figure importante du mouvement Nahdha – même s’il s’est aujourd’hui rebellé car il n’a pas obtenu ses droits ni la position qui lui revenait au sein du mouvement. Lisez dans les détails ce qu’il a avancé à propos du ministère de l’intérieur. Il s’agit de propos d’un grand leader du mouvement qui apparait comme démissionnaire : « Ali Laarayedh, au lieu de contenir le Ministère de l’Intérieur, a été contenu par son ministère ».
Il y a aussi d’autres informations que nous ne pouvons révéler pour l’instant, d’une pour leur gravité mais aussi parce qu’il nous faut nous en assurer…
En fait, qui se cache derrière les sit-ins des syndicats de la police ? Il faut apporter une réponse à cette question, car il existe une frange exterminatrice au sein du ministère de l’intérieur, frange que Ali Laarayedh n’est pas parvenu à contrôler.

N.B.H : Selon vous, s’agit-il d’un refus de la part d’Ali Laarayedh ou s’agit-il plutôt d’impuissance ?
Abou Iyadh : Ali Laarayedh a tenté, mais il est faible. Il a par la suite été contenu. Lorsque vous voyez ses déclarations, toutes convergent vers les intérêts des plus influents de son ministère dans une tentative de les satisfaire. Sa dernière déclaration est venue après le meurtre de notre Sœur – et nous invoquons Dieu de la compter parmi ses martyrs.
Il est venu nous rapporter la version de ceux qui ont participé à l’opération, sans enquêter ni rien, et l’a confirmée. Comment se permet-il, en tant que responsable du ministère le plus important et le plus sensible de l’Etat, d’adopter la version de faits de ceux qui ont mené cet acte terroriste rien que pour les satisfaire ?

N.B.H : [Question inaudible]
Abou Iyadh : Il ne peut pas manœuvrer. Il s’est affaibli. Et il ne s’agit pas uniquement de faiblesse. Selon moi, Ali Laarayedh souffre d’un trouble psychologique.

N.B.H : A ce point ?
Abou Iyadh : Oui… Et même plus. Il souffre de ce qu’on appelle : le syndrome de Stockholm.

[Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers.]
Abou Iyadh : Ali Laraayedh défend aujourd’hui ses tortionnaires des années 80, ceux qui l’ont emprisonné, plombé, et qui ont monté ces vidéos que tout le monde connait. La victime défend aujourd’hui son tortionnaire.

N.B.H : Et quelle est la position du mouvement Nahdha de tout ça ? Ali Laarayedh n’est qu’une personne, un arbre qui ne peut cacher la forêt…
Abou Iyadh : Le problème du Mouvement Nahdha… Je me suis entretenu avec Rached Ghanouchi après les évènements de Bir Ali Ben Khlifa. Je me suis entretenu avec lui…

[Les évènements de Bir Ali Ben Khlifa désignent les affrontements armés entre les forces de sécurité et une bande armée]
Abou Iyadh : Suite à ces évènements et aux arrestations qui leur ont succédé, mais aussi après la torture sauvage qu’ont subie les détenus avec à leur tête Adam Boukadid, et permettez-moi ici d’ouvrir une parenthèse : les personnes arrêtées sont encore en détention à ce jour et n’ont toujours pas comparu devant le tribunal militaire. Elles ont été victimes d’une grande violence ces derniers jours à la prison Mornaguia, sans justification aucune.

N.B.H : Qui les a violentés ?
Abou Iyadh : Les gardiens de prison et avec à leur tête un dénommé Mohsen Trabelsi. Ca s’est fait sous son commandement. Puis ils ont été transférés hier, si mes souvenirs sont bons, de la prison Mornaguia à la prison Borj El Amri et personne n’a bougé : ni médias ni ceux qui se font appeler « société civile et organisations des droits de l’Homme ». Personne n’a bougé. Peut-être que l’association « Liberté & Equité » bougera car les faits ont prouvé que c’est bien la seule organisation qui, malgré son manque de moyens, lutte et défend les droits des gens de ce pays. Je profite de l’occasion pour remercier leurs efforts dans la défense des jeunes de la mouvance salafiste lors des derniers évènements.

N.B.H : Revenons à l’organisation « Ansar Al Chariaa »…
Abou Iyadh : Je ne vous ai toujours pas dit pourquoi je me cache.

N.B.H : Je vous en prie, allez-y.
Abou Iyadh : Je me cache par obligation car les intérêts se sont désormais entremêlés. La tête d’Abou Iyadh n’est plus demandée uniquement par les autorités tunisiennes. Ce sont plus exactement les Etats-Unis qui la veulent.

N.B.H : Pour quelles raisons ? Visent-ils le courant djihadiste ou vous reprochent-ils des actions en particulier ?
Abou Iyadh : Les Etats-Unis, et l’Occident d’une manière générale, mais aussi Israël – et nous suivons de très près les rapports journalistiques et les rapports d’organismes occidentaux spécialisés. Ces derniers sont allés jusqu’à employer le terme « Djihad doux » et il s’agit là d’un terme qui cache beaucoup de choses. La manière dont se répand la mouvance djihadiste sur la scène tunisienne et l’expansion très importante dont jouit le mouvement grâce à des actions de charité, des actions de prédiction et des actions sociales, dérangent les Etats-Unis. Il suffit de revenir au dernier papier d’Abdelbari Atouane mais aussi aux écrits d’autres analystes au sujet des dossiers malien ou syrien. Ces analystes avancent que la Tunisie est devenue une réserve de la mouvance djihadiste. Ils ne peuvent donc frapper cette mouvance qui commence à se structurer et à construire ses institutions qu’en frappant sa tête. Ils tiennent donc tellement à ce que cette tête saute qu’il s’agisse d’Abou Iyadh ou autre.

N.B.H : En parlant de structure justement, « Ansaar Al Chariaa » est une appellation répandue. S’agit-il d’une association culturelle, politique ? Comment la définissez-vous ?
Abou Iyadh : En ce qui concerne l’appellation, une majorité des médias et des organismes qui suivent les mouvements de nos Frères ici en Tunisie lient cette dernière au Yémen où sont apparus Ansaar Al Chariaa. Pour l’Histoire, ce nom est apparu la première fois en Tunisie. C’était une première et personne n’en savait rien, ni à l’étranger ni à l’intérieur du pays, à l’exception d’un petit groupe qui après consultation a opté pour ce nom. Ceci s’est fait au début du mois d’avril 2011, soit un mois et demi ou plus avant l’annonce de « Ansaar Al Chariaa » au Yémen.

N.B.H : Donc les droits d’auteur vous reviennent…
Abou Iyadh : Sans équivoque, et ceci est documenté et daté. Si vous souhaitez le vérifier, vous n’avez qu’à revenir à la date de la première réunion qui s’est tenue au mois de mai à la Soukra. L’annonce de « Ansaar Al Chariaa » au Yémen s’est faite quatre ou cinq jours après cette date.

N.B.H : Avez-vous avec ces derniers un lien organisationnel, idéologique ou jurisprudentiel ?
Abou Iyadh : Nous sommes liés idéologiquement avec tout musulman de cette planète…

N.B.H : Un lien politique direct ?
Abou Iyadh : Nous n’avons aucun lien organisationnel avec quelconque structure de cette planète. « Ansaar Al Chariaa » en Tunisie est une organisation totalement indépendante. Cette indépendance concerne toutes ses actions, tous ses mouvements et toutes ses décisions.

N.B.H : Comment définissez-vous cette organisation ?
Abou Iyadh : « Ansaar Al Chariaa » est un collectif qui cherche à se structurer. Le collectif n’est pas uniquement culturel ou politique ou prédicateur. Il concerne tous les domaines de la vie et nous œuvrons à presser le pas afin de terminer la mise en place de nos institutions. Cependant, nous sommes attaqués à chaque étape, chaque fois que nous avançons.

N.B.H : Mais disposez-vous de structures ? Nous savons que vous êtes la tête du collectif. Nous connaissons d’autres noms comme celui de Hssan Ben Brayak. Mais disposez-vous d’entités comme « Majless Choura » par exemple, avez-vous l’équivalent d’un bureau politique ? Quelles appellations utilisez-vous pour différencier les différents rangs ?
Abou Iyadh : En effet, nous disposons d’un bureau social, d’un bureau médiatique, d’un bureau de prédication. Nos activités sont claires. Vous dites que je suis à la tête de l’organisation, peut-être en tant que nom, oui. Cependant, l’avantage à Ansaar Al Chariaa c’est que les décisions sont collectives et qu’il n’existe pas de pouvoir vertical imposé à des subordonnés car nous considérons que chaque membre de « Ansaar Al Chariaa » représente « Ansaar Al Chariaa ».

N.B.H : Excusez-moi, il y a la base et il y a le sommet. N’existe-t-il pas de cadres coordinateurs entre les deux ? N’avez-vous pas un Emir ou un responsable ou un délégué régional à la tête de chaque région ? Ne serait-ce que du point de vue des titres ?
Abou Iyadh : Ces titres font peur aux gens, comme celui d’Emir ou de Caïd par exemple. Les titres ne nous intéressent pas, ce qui nous intéresse est de nous conformer aux règles dictées par Allah.

N.B.H : N’avez-vous donc pas de responsables ?
Abou Iyadh : Bien sur que nous avons des responsables mais nous n’avons jusqu’à maintenant pas choisi les titres. Ni Emir ni Caïd ni autre… Nous avons le responsable du bureau de prédication, le responsable social, le responsable du bureau politique, le responsable du comité législateur, etc. Des responsabilités bien réparties.

N.B.H : En tant que responsable direct, pouvez-vous nous donner le nombre des membres de « Ansaar Al Chariaa » en Tunisie ?
Abou Iyadh : Bien. Au mois de mars dernier, j’ai donné une interview au journal Le Quotidien. Le journaliste qui m’avait interviewé, Manoubi Akrout, avait montré un grand professionnalisme et je profite de cette occasion pour le saluer. C’est un journaliste exceptionnel, qui maîtrise son sujet, professionnel surtout et très intègre. C’était une longue interview et quand elle a été publiée sur deux pages, une petite colonne à part faisait apparaître la réponse de Lotfi Zitoun à la question : Combien la Tunisie compte-t-elle de salafistes ?
Il a donné une réponse que je garde en mémoire et que j’ai beaucoup étudiée. Il avait répondu : 93 000. Je me suis longtemps demandé pourquoi il avait donné ce chiffre, pourquoi n’a-t-il pas répondu : environ 90 000 ? Pourquoi n’a-t-il pas employé un chiffre rond, 95000 ou 100000 car l’habitude veut que l’on emploie des chiffres ronds. Pourquoi 93 000 exactement ?
Je me suis par la suite rendu compte que nous étions suivis d’une manière très rigoureuse.
Je ne peux confirmer ce chiffre ni l’infirmer. Ce que je peux vous dire, c’est que le nombre ne nous intéresse pas. Nous sommes très nombreux.

N.B.H : Excusez-moi, j’ai été présent à votre sommet à Kairouan qui s’était tenu dans la cour de la mosquée Okbaa Ibn Nafaa. J’estime que le nombre de participants, et c’est là un témoignage pour l’Histoire, se situait entre 10000 et 12000. J’en suis témoin. Tous les médias en sont témoins aussi. Il s’agissait d’un rassemblement ouvert et public.
Abou Iyadh : Avez-vous déduit le nombre d’intrus ? [Silence]

N.B.H : Dieu seul sait…
Abou Iyadh : Bien. [Sourire]
On parle de plus en plus d’intrus. [Sourire]

N.B.H : Une question d’ordre organisationnel : Disposez-vous de cartes d’adhésion comme c’est le cas des autres partis ? Quelqu’un qui veut adhérer à votre mouvement a-t-il à remplir un formulaire, fournir une photo d’identité, un nom, un prénom, une adresse ?
Abou Iyadh : Pensez-vous que nous irons jusqu’à remplir et préparer ce genre de formulaires pour les offrir au tyran ? [Sourire]

N.B.H : Je vous demande juste si ces formulaires existent…
Abou Iyadh : Bien sur que non. Et Ali Laarayedh étant à la tête du Ministère de l’Intérieur le sait très bien.

N.B.H : Mais que signifie l’appartenance dans ce cas ?
Abou Iyadh : Il existe ce qu’on appelle les recommandations (tazkiyettes).

N.B.H : Une sorte de serment ?
Abou Iyadh : L’appartenance à « Ansaar Al Chariaa » se fait suivant des degrés. Une simple lecture des organisations islamiques suffit à les connaître… Il y a le Mounasser qui n’est pas lié…

N.B.H : Pardonnez-moi. Il y a des personnes qui suivent cette interview et ne sont pas des spécialistes des mouvements islamiques. Ces personnes ont le droit de comprendre…
Abou Iyadh : A vrai dire, nous préférons que ces personnes n’en sachent que très peu sur nous. Quand je suis sorti de prison, lors de ma deuxième rencontre avec les Frères à la mosquée du Campus, je leur avais recommandé de laisser planer le doute sur leur mouvement et leur réalité.

N.B.H : Ce qui veut dire qu’il n’existe ni carnet, ni dossier qui répertorient tous les noms ?
Abou Iyadh : Cela relève de l’impossible.

N.B.H : Bien. Lorsque l’on parle de « Ansaar Al Chariaa », cette appellation englobe généralement toute la mouvance salafiste, alors que vous ne constituez pas l’intégralité de la mouvance salafiste.
Abou Iyadh : Nous n’avons jamais prétendu cela.

N.B.H : Je n’ai pas dit que vous l’avez prétendu. Je parle de ce que l’on décrit. Il existe d’autres mouvances salafistes mais peut-on avancer que vous constituer la mouvance majoritaire ? La plus importante en termes de nombre ?
Abou Iyadh : La réalité me pousse et pousse ceux qui avancent le contraire à confirmer cela.

N.B.H : En termes de pourcentage ? 80% ? Un pourcentage approximatif, une lecture globale ?
Abou Iyadh : Je ne peux pas avancer de pourcentage. Disons que « Ansaar Al Chariaa » est majoritaire sur la scène.

N.B.H : Pourquoi ne pas vous rassembler tous ensemble ? Cela vous affaiblit-il ou plutôt vous renforce ?
Abou Iyadh : En réalité, si nous avons choisi de nous organiser sous cette appellation, c’était plutôt dans un but de rassemblement et non de division. Cependant, qu’il existe des différences au sein d’un même courant tout en partageant la même littérature et les mêmes sources est une bonne chose.
Si l’un de nous est frappé, l’autre subsistera. La question n’est pas d’être tous ensemble ou pas car nous portons tous un même projet, celui de l’Islam pur et sans tâches.

N.B.H : J’ai remarqué depuis le début que la situation sécuritaire à laquelle vous faites face n’a aucun effet sur votre personne, êtes-vous à ce point déconnecté de la réalité ? [note : question presque inaudible à priori autour de la sérénité d’Abou Iyadh]
Abou Iyadh : [Sourire] C’est l’effet de la littérature de l’appartenance à des courants qui portent notre méthodologie.

 

A suivre…

Par Olfa Riahi

Crédit photo : Mosaique FM

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3 thoughts on “Tunisie : Interview censurée d’Abou Iyadh – Transcription partie I

  1. Abou tu ferais mieux de te trouver un travail honnête et de laisser les gens tranquils,fais tes prières ,va au paradis,le reste ne te regarde pas

  2. Ping : Tunisie : Interview censurée d’Abou Iyadh – Transcription partie I | مشاهير تونس

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